Savoir lire les étiquettes #1

Hello,
Cela fait un moment que je réfléchis à cette série d’articles donc j’espère que ça vous plaira. Il s’agit d’apprendre comment décoder les étiquettes de produits que l’on trouve partout. Je ne suis pas chimiste donc j’expliquerai avec des mots qu’on comprend tous ce charabia.

Ce premier article concerne un produit cosmétique vendu en super marché mais lors des prochains, je parlerais d’autres produits plus ou moins haut de gamme mais aussi alimentaires.

Note : De plus, la composition a pu évoluer / changer.
Si je fais une erreur (ça peut arriver), n’hésitez pas à la signaler en commentaire. Je corrigerai au plus vite.

Les produits listés ne sont pas forcément des produits que j’utilise, surtout que désormais, j’essaie de bien lire les étiquettes et n’achète plus que des cosmétiques non testées sur les animaux.

Pourquoi les étiquettes sont en latin et en anglais ?

La nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques ou INCI est un système d’écriture multilingue qui est respecté dans le monde et permet d’écrire la composition d’un produit d’une façon commune, indépendamment de la langue du pays. Les noms des extraits de plante sont écrits en latin alors que les noms des molécules chimiques le sont en anglais.

Analyse d’un produit

Nom : Lait corps hydratant
Marque : Nivea for men
Type : Soin hydratant

étiquettes, Savoir lire les étiquettes #1, On ne m'écoute jamais !
Ça va être ta fête !

Composition

Aqua — Eau

De l’eau, jusque là tout va bien. Mais il est en pôle position. Cela signifie que la plupart du flacon est rempli d’eau… Pas très rentable, enfin si : pour le fabriquant !

étiquettes, Savoir lire les étiquettes #1, On ne m'écoute jamais !

Glycerin — Glycérol / glycérine

Est souvent utilisé comme agent hydratant, solvant et lubrifiant dans les produits cosmétiques. Un grand classique, pas de soucis non plus à priori.

Caprylic/capric triglyceride — Triglycérides d’acides gras

Ils peuvent être synthétiques (c’est à dire créés en laboratoire) ou naturels. Dans ce cas ils sont souvent issus de l’huile de Noix de Coco. Il présente les fonctions d’émollient, c’est à dire qui détend et adoucit la peau mais aussi d’hydratant. Il peut aussi servir de base neutre pour d’autres substances.

Myristyl myristate — Myristate de myristyle

C’est un épaississant et un co-émulsifiant d’origine végétale à base d’huile de noix de coco et d’huile de palmiste (Il ne faudrait pas que ça coûte trop cher non plus !). Il améliore la capacité d’absorption des cosmétiques.

Le plus gros soucis ici est pour moi que c’est extrait d’huile de palme ou de coco. La culture de ces arbres est l’un des grands responsables de la déforestation et du massacre des orang-outans. Et si ça ne suffisait pas, de part sa composition, l’huile de palme n’est pas top top pour notre santé si on en consomme beaucoup ; ce qui n’est pas évident quand les industriels en mette partout.

Alcohol denat — Alcool dénaturé

C’est généralement de l’alcool éthylique (de l’éthanol) auquel on a ajouté un autre produit pour le rendre impropre à la consommation alimentaire, au cas où les gens achètent de la crème de beauté pour la boire… Mais c’est surtout que c’est souvent réglementaire. Il est bien souvent interdit (je n’ai pas trouvé en France) d’utiliser de l’alcool (comestible) dans des produits cosmétiques. La raison pour laquelle on met de l’alcool dans ce genre de produit est multiple : empêche le produit de mousser, solvant (permet de dissoudre d’autres produits dedans)…

Voici quelques produits qui peuvent être ajoutés à l’éthanol pour le dénaturer : Denatonium Benzoate, t-Butyl Alcohol, Diethyl Phthalate, Methyl Alcohol, Salicylic Acid, Sodium Salicylate et Methyl Salicylate.

Ce qui est alcool ne doit pas être dans le premiers ingrédients car ils peuvent être irritants pour la peau. Rien de spécial.

Dimethicone — Diméthicone

Il s’agit d’un produit de synthèse de type silicone. Sans grands effets à part effet de texture pour le produit. Il faut faire attention à ce que le produit ne soit pas l’un des principaux ingrédients du cosmétique. Là, il est en sixième position, donc c’est moyen moyen. J’en profite pour rappeler que l’autre d’indication des ingrédients va du plus important au moins important.

De plus, je suis tombé sur cet article : https://www.geribook.fr/lexique-ingredient-cosmetique/dimethicone/

Cetearyl alcoohol — Alcool cétéarylique

Il s’agit d’un co-émusifiant (à mélanger avec un autre émulsifiant) et un agent de texture. Il permet d’épaissir et de stabiliser une crème. Rien de spécial là dessus.

Glyceril stearate citrate — Glyceril stearate citrate

Il a une fonction émolliente. Ce produit peut être d’origine synthétique, végétale mais aussi animale… Attention donc, ça peut ne pas être vegan !

Octyldodecanol — Octyldodécanol

Il s’agit d’un alcool gras (vous noterez qu’il finit par “anol” comme éthanol donc c’est un bon signe) extrait d’huiles végétales. Il est utilisé comme agent solvant et émollient.

Glyceryl glucoside — Glyceryl glucoside

Il s’agit d’un produit humectant, c’est à dire qu’il maintient la teneur en eau d’un cosmétique dans son emballage et sur la peau.

étiquettes, Savoir lire les étiquettes #1, On ne m'écoute jamais !

Tocopheryl acetate —
Ester du tocophérol et de l’acide acétique

Il s’agit d’un produit antioxidant. On en trouve également dans la très célèbre Huile prodigieuse de Nuxe.

Sodium carbomer

Agent de viscosité d’origine synthétique. Il permet de créer un film lisse sur la peau.

Ethylparaben et Methylparaben : Beurk des parabens !

Les parabens, vous en avez forcément déjà entendu parler. Les industriels ont bien compris le soucis et cherchent de plus en plus à les remplacer. Pourquoi ? Et bien car ils participent au vieillissement des cellules de la peau

Phenoxyethanol

Il s’agit d’un conservateur pour empêcher le développement des bactéries dans les produits de beauté. Il ne doit pas dépasser 1% de la composition

Je suis tombé sur un article de Consoglobe lors de mes recherches avec un titre alarmant : “Faut-il avoir peur du phénoxyéthanol ?” Le résultat vient de L’ANSM (Agence Nationale de la Sécurité du Médicament et des produits de santé) qui, après étude, l’a reconnu comme allergisant,
porteur de risques cancérigènes, de fertilité pour l’homme et de toxicité pour le fœtus. A éviter !

Parfum

Parfum de quoi, à base de quoi ? Mystère. C’est l’ingrédient surprise. Se méfier ! Et comme dit l’application Yuka 🥕 : Attention — Arôme opaque.

Conclusion sur ce produit

J’ai choisi ce complètement au hasard au fond d’un placard. Cela fait longtemps que je ne l’utilise plus. Mon seul critère était qu’il contienne des parabens car un produit qui en contient a forcément des choses à raconter à coté de ça. Pour un premier article, je ne regrette pas mon choix. Mais où sont les actifs dans ce produit ? J’ai l’impression qu’il n’y a que de l’eau, de l’alcool, des émollients et des agents de texture ? Est-ce qu’il peut avoir une quelconque efficacité ? Là est la question…

Comment éviter la majorité des ingrédients nocifs ?

Le premier réflexe doit être d’acheter bio et de se méfier des effets incroyables présentés par des publicités. Deuxième point, il n’y a pas cinquante possibilités. Il faut lire les étiquettes… D’où cet article ! Je conseille également de n’acheter que des produits non testés sur les animaux, déjà par éthique mais aussi suite à la logique suivante : Si le fabriquant n’utilisaient que des produits corrects et bons pour la santé, il n’y aurait pas besoin de faire des tests (aussi bidons soient-ils).

Sources

Pour aller plus loin

Les ingrédients à éviter dans les cosmétiques bio et naturels : Un article de blog intéressant qui montre que même dans le bio il faut se méfier.

INCI Beauty : Une app pour analyser une étiquette. Ça peut faciliter grandement la vie, un peu comme un yuka mais rien ne vaut un peu de culture générale sur les produits en complément car il manque encore beaucoup de produits.

Les différents ingrédients utilisés par Weleda dans ses produits (marque que j’apprécie tout particulièrement).

étiquettes, Savoir lire les étiquettes #1, On ne m'écoute jamais !

Qu’avez vous pensé de cet article ? Auriez-vous des idées de produits ?

Vincent est développeur web & scrum master au travail. Défenseur des droits des animaux, il est également adhérent à Ferus et le secrétaire général de l'association Happy Culture Chantilly.

Commentaires (3)

  1. Trop bien ton article !!! Je suis en plein dans ce tri et tu m’as bien éclairé avec tes descriptions. Je vais de ce pas analyser surtout ma crème de jour (que j’adore j’espère qu’elle passera le test) et ma crème pour le corps que je pense remplacer par une crème réalisée moi même d’ici quelques semaines
    À très vite pour tes nouveaux articles

  2. Les étiquettes des produits sont souvent de vrais casse-tête à décrypter ! Ton article est intéressant. Merci d’avoir partagé tes recherches et ton analyse !

  3. Bravo pour ton courage à décrypter le code secret des cosmétiques. Nombreuses sont les fois où j’ai regardé les étiquettes et où j’ai renoncé à essayer de comprendre tous ces mots “savants”. À la lecture de ton article, je comprends que c’était pire que je ne le pensais et que nous ne sommes pas assez sensibilisés aux impacts de nos achats de tous les jours sur le reste du monde et sur nous mêmes.
    Merci de m’avoir éclairée. Je lirai le reste de tes articles sur le sujet avec intérêt.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.